PRÉSENTATION SUITE
Koen Taselaar a bénéficié de résidences à Calcutta (Inde), Séoul (Corée du Sud) et Jingdezhen (Chine).
Dessinateur avant tout, Koen Taselaar (*1986) est un artiste aux pratiques variées, qui décline son univers graphique à travers divers médiums tels que la tapisserie, la céramique, le dessin et la sérigraphie. Son langage singulier, qui mêle humour, abstraction et narration visuelle, trouve un champ d'exploration de choix dans la tapisserie, créant des "récits visuels" aux formats souvent monumentaux.
En 2019, le TextielMuseum de Tilburg (NL) lui commande sa première tapisserie, à l’occasion du 100ème anniversaire du Bauhaus. Il crée ainsi une oeuvre de 9 mètres de long intitulée “A Slightly Inaccurate but Nonetheless Lightly Entertaining Story of the Bauhaus”, tissée au TextielLab et conservée dans les collections du musée.
En 2020, Taselaar a réalisé sur commande de la Fondation du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg (Russie) une tapisserie de 8 mètres de long, “Le chat, le hareng et autres histoires de la Neva”, qui relate l’histoire du tsar Pierre le Grand et ses liens avec les Pays-Bas.
En 2025, il réalise une tapisserie sur le thème de l'Apocalypse, au cœur de son exposition personnelle End And présentée au Centre de Création Contemporaine Olivier Debré (CCC OD) à Tours (F) longue de 19 mètres.
Également actif dans le domaine de la céramique contemporaine, médium dans lequel son imaginaire ludique et coloré trouve aussi son expression, Taselaar a bénéficié d'une résidence d'artiste à la Casa Museo Jorn, musée de l'artiste danois Asger Jorn à Albissola Marina sur la côte ligure près de Savona (I), où une exposition personnelle lui a été consacrée en 2025.
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À l'évidence décloisonné, le monde visuel de Koen Taselaar se nourrit autant d'éléments contemporains reconnaissables, clins d'œil issus de la vie quotidienne, de l'univers cinématographique ou de la BD, que de références classiques tirées de notre passé. Il excelle dans sa capacité à tisser des liens, à croiser des temporalités différentes et à les superposer, reproduisant cette même habileté dans sa manière d'entrelacer les motifs.
Dans ses tapisseries, chaque image devient une histoire, porteuse d'un récit dont la fabrication s'appuie sur tout un réseau d'éléments Le médium même qu'est la tapisserie, depuis longtemps support privilégié au déroulement d'une narration et dont la technique du tissage au Jacquard offre une diversité de textures et de structures.
Puis le même espace qui accueille simultanément plusieurs épisodes, disposés en étages, les uns par-dessus les autres, dans une organisation plate d'où toute temporalité linéaire est exclue, mais qui permet cependant à l'histoire de s'étendre dans le temps.
La conversation aussi qui se noue entre le titre – texte que l'artiste intègre à l'ouvrage sous la forme d'un élément graphique, sur les bords - et l'image, qui pourrait nous orienter dans la lecture de cette dernière.
Sans oublier l'abondance de détails, cachés au premier regard, mais dont la joyeuse découverte ajoute de la matière à la fable, aiguise notre contemplation et nous conduit - peut-être ! - au fin mot de l'intrigue.
Et enfin, l'imagination du spectateur, emportée par l'intensité et le chatoiement des couleurs, l'effervescence des protagonistes de l'histoire et leur bruissement, par l'élan vital finalement qui émane de l'œuvre.
Comme l'archipel dont les îles bien que distinctes existent par les liens qui les unissent, l'art de Taselaar évoque l'idée de multiples émergences reliées entre elles, des éléments de vie qui existent quelque part, singuliers mais formant un tout. De ces liages de toutes sortes naissent de nouveaux horizons, la vision d'un autre monde.
